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Jean-Jacques POTHIER

Maître en 1750

Ce menuisier a travaillé durant une trentaine d’années, d’abord rue Mazarine puis rue de Bourbon-Villeneuve, l’actuelle rue d’Aboukir. Son œuvre, assez varié, se signale par une très belle qualité de fabrication. On note d’abord des sièges Louis XV très sobres, remarquables par la souplesse des lignes et par la fluidité des moulures constituant l’essentiel de leur décor, avec parfois de discrètes sculptures. Toujours de style Louis XV, quelques modèles sont plus abondamment sculptés de cartouches, de coquilles, de grenades, de feuillages, de volutes. On peut mentionner un très curieux canapés à sept pieds de forme incurvée “en haricot” (L 182 cm), en hêtre doré sculpté de bouquets feuillagés et de volutes affrontées, présenté à l’exposition des Grands Ébénistes et Menuisiers, en 1955-1956, au musée des Arts décoratifs (n° 251). Aux différents ornements qui viennent d’être énumérés s’ajoutent parfois certains motifs annonçant la vogue du néo-classicisme, en particulier des nœuds de rubans mais aussi de larges feuillages et d’opulents rinceaux (un canapé et six fauteuils à la reine garnis à châssis) a été vendu à New York en 1981.

Les sièges Louis XVI de Pothier confirment la tendance, déjà affirmée par les premiers ouvrages Transition, vers une ornementation riche et somptueuse, traitée souvent avec une rare maîtrise. De grands fauteuils à la reine aux structures robustes, luxueusement sculptés de canaux, d’entrelacs, de rangs de perles, de rais-de-cœur, de feuilles d’eau, de frises de culots, d’enroulements, bref, de toutes les richesses du répertoire néo-classique, caractérisent la production de cette période. Ils reposent sur des pieds fuselés à cannelures parfois torsadées. Des pieds en console, comme ceux qu’utilisait couramment Georges Jacob, figurent aussi sur certains de ces sièges, notamment sur un canapé et six amples fauteuils vendus en 1978 à Monte-Carlo par Sotheby’s.

Les pieds en console ne sont pas les seules ressemblances que l’on peut déceler entre les œuvres de Pothier et de Jacob. Les deux hommes semblent d’ailleurs avoir collaboré dans l’exécution de quelques commandes, et l’on connaît des sièges semblables portant l’une ou l’autre de leurs estampilles. Au Château de Fontainebleau se trouvent huit fauteuils à la reine montés à châssis, sculptés à la ceinture d’un rang de cannelures verticales et, au dossier, de culots de feuillages. Ils sont signés de Georges Jacob, mais une paire identique, estampillée de Pothier et visiblement de la même suite, appartient à une collection particulière.  

Bibliographie 

“Le Mobilier Français du XVIIIème Siècle”

Pierre Kjellberg

Les Éditions de l’Amateur – 1998

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Nicolas PETIT – 1732 – 18 août 1791

Reçu Maître le 21 janvier 1761

Dans son atelier de la rue du Faubourg Saint-Antoine, à l’enseigne du “Nom de Jésus”, Nicolas Petit a produit durant près de trente ans, un très grand nombre de meubles de tout style et de toute nature. Sa carrière ne commence officiellement qu’au moment où il fait enregistrer ses lettres de maîtrise, le 27 septembre 1763. Il acquiert très vite réputation et prospérité. 

A ses débuts, la rocaille n’étant pas complètement passée de mode, il réalise d’élégantes commodes galbées, des encoignures, des secrétaires, des bureaux plats, des bureaux de pente, des petites tables pour la plupart marquetés de fins branchages fleuris, de trophées, d’attributs. Quelques-uns de ces ouvrages sont ornés de placage en feuilles, d’autres, peu nombreux, de vernis à l’imitation des laques d’Extrême Orient.

Au nombre des ouvrages Louis XV de Nicolas Petit, il faut encore mentionner quelques régulateurs de formes contournées qui seront suivis, en plus grand nombre de modèles néo-classiques.

Des commodes, des secrétaires, des petites tables composent en majorité, la production de style Transition.

Les commodes à ressaut sont ornées de panneaux de placage à fil contrarié encadrés de filets à grecques. D’autres sont marquetées de motifs géométriques ou de fleurs, beaucoup plus rarement de paysages ou de ruines, qui se déploient sur toute la surface du meuble sans tenir compte du ressaut.

Les secrétaires Transition sont le plus souvent ornés de placages en feuilles. Leurs encadrements multiples sont agrémentés de décrochements et de motifs de grecques dans les angles.

Ses commodes, rectangulaires ou en demi-lune, sont tantôt plaquées de panneaux de bois de rose encadrés d’amarante ou de satiné, avec parfois des filets d’ébène ou de buis et des motifs de grecques, tantôt plaquées d’acajou simplement mouluré ou encadré de fines baguettes de bronze. Très exceptionnels sont les décors de laque et plus encore de plaques de porcelaine de Sèvres. 

Bien que travaillant toujours en relation avec les marchands ébénistes, Nicolas Petit tente de s’attacher une large et importante clientèle. Son pari est tenu : en 1791, il est à la tête d’une entreprise de taille. Son réseau, comme marchand, dépasse largement les limites du Faubourg, il collabore avec des marchands merciers, tapissiers et miroitiers parisiens et développe ses relations avec une clientèle privée appartenant à tous les échelons de la société.

Bibliographie

“Nicolas Petit”

Les Cahiers du Mobilier

Anne Droguet

Les Editions de l’Amateur – 2001

 

“Le Mobilier Français du XVIIIème Siècle”

Pierre Kjellberg

Les Editions de l’Amateur – 2002

 

“L’Art et la Manière des

Maîtres Ebénistes Français au XVIIIème siècle”

Jean Nicolay

Editions Pygmalion – 1976

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Les Péridiez

Gérard PERIDIEZ – Né vers 1730

Reçu Maître le 27 juillet 1761

Fils aîné de Brice Péridiez, sa carrière se déroule tout entière dans l’enclos du Temple, où il a commencé à travailler comme ouvrier libre, fournissant un certain nombre de marchands, en particulier ses confrères Léonard Boudin, Louis Noël Malle et peut-être Pierre Migeon. Plus tard, en 1770, l’incendie de son propre magasin l’oblige à déposer son bilan, mais il reprend sa fabrication jusque dans les années précédant la Révolution. Ayant épousé la sœur d’un fondeur, Jonquoy, il travaille en collaboration avec son beau-frère et d’autres bronziers.

On ne connaît pratiquement, de cet ébéniste, que des œuvres Louis XV, ce qui laisse supposer que sa production resta très réduite après 1770. Il s’agit de commodes, de bureaux à cylindre, de coiffeuses, de petites tables au galbe fort élégant, ornés de marqueteries de motifs géométriques ou de fleurs, ou encore de laque d’Extrême-Orient. Tous ces ouvrages sont exécutés avec beaucoup de soin. L’un des plus remarquables et des plus typiques est un meuble dit à hauteur d’appui (87 x 128 cm) orné d’une séduisante marqueterie de fleurs, de feuillages, d’oiseaux et de souples rinceaux polychromés et gravés se détachant sur un fond de placage blond clair. Ce meuble, qui ouvre par deux rideaux à lamelles coulissantes, est passé en vente à la galerie Charpentier le 16 juin 1960, sous le n° 76. Autre travail digne d’intérêt, une coiffeuse en forme de cœur vendue à Paris en 1973. On en connaît d’autres exemplaires signés de différents ébénistes, dont son père Brice, Jean-François Oeben, Landrin, etc., mais, selon certains auteurs, l’invention de ce meuble serait due à l’un des Péridiez. 

Louis PERIDIEZ – Né en 1731 – Maître le 17 avril 1764

En dépit d’une vie quelque peu mouvementée, le second fils de Brice Péridiez a laissé, comme son père et son frère Gérard, des meubles d’excellente fabrication. Après avoir travaillé comme compagnon chez l’ébéniste Nocart, rue de Charenton, il s’établit rue du Faubourg Saint-Antoine et épouse la fille de son confrère Pierre Joubert. Parallèlement à son activité d’ébéniste, il s’était engagé dans les Gardes française. A la fin du règne de Louis XV, il cessera brusquement toute activité.

Un peu plus tard, il fournira quelques travaux de peu d’importance pour le Château de Choisy-le-Roi, ville où il avait installé son atelier. Son œuvre, peu abondant, semble-t-il, comporte des ouvrages Louis XV, Transition et Louis XVI : petites tables de salon, commodes, bureaux Louis XV aux formes plutôt robustes mais harmonieusement galbées, secrétaires, encoignures Louis XVI, de lignes fortement architecturées, etc. Ces meubles sont ornés le plus souvent de marqueteries florales. Sur la gracieuse petite table galbée de la Huntington Collection (San Marino, Californie), on retrouve le fond de placage clair cher à Gérard Péridiez. Sur un secrétaire Louis XVI richement marqueté figurent en plus des fleurs, des trophées, des encadrements d’entrelacs et, sur les côtés, un treillage à fleurons (vente à Monte-Carlo en 1981). Assez curieusement, François de Salverte a trouvé l’estampille de cet ébéniste sur des ouvrages de menuiserie, en l’occurrence des chaises chauffeuses Louis XV.

Bibliographie 

“Le Mobilier Français du XVIIIème siècle”

Pierre Kjellberg

Les Editions de l’Amateur – 2002

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Robert Osmond – 1713 – 1789

Reçu Maître le 17 janvier 1746

Robert Osmond est né en Normandie en 1713. Il s’installe rue des Canettes avant de déménager rue Macon en 1761.

Il est reçu Maître Fondeur-Ciseleur, le 17 janvier 1746, est nommé juré des fondeurs en 1756, et signe souvent ses pièces. Influencé par le bronzier Caffieri, Osmond est l’un des précurseurs du nouveau style néo-classique. Ses œuvres, particulièrement prisées des grands collectionneurs et des aristocrates, font fleurir son atelier au début des années 1760. 

Assisté de son neveu Jean-Bapiste Osmond, reçu Maître-Fondeur en 1764 et qui lui succéde à sa mort en 1789, Osmond compte parmi ses clients toute l’élite avant-gardiste de son temps. Il fournit des caisses de pendules à des horlogers comme Lepaute, Julien le Roy, Frédéric Duval et Berthoud. 

Bibliographie

“Vergoldete Bronzen”

Pages 228 et 229 (Tome I)

Hans Ottomeyer

Peter Pröschel

Klinkhardt &amp Biermann

München – 1986

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Martin OHNEBERG

Reçu Maître le 7 juillet 1773

Peut-être d’origine allemande, cet ébéniste acquiert la maîtrise vers l’âge de trente-cinq ans et s’établit d’abord rue Traversière-Saint-Antoine. Plus tard, on le trouve cour de la Juiverie, où il est encore mentionné en 1798. Sa production, importante et de très bonne qualité, était en partie destinée à des marchands-merciers et à des tapissiers comme les frères Presle. Elle appartient tout entière aux styles Transition et Louis XVI et comporte aussi bien des meubles en placage uni, dans des encadrements plus sombres, que des ouvrages revêtus de marqueteries. 

Celles-ci, variées, pas très fines mais éminemment décoratives, constituent une spécialité de l’ébéniste. Elles représentent des bouquets de fleurs, des oiseaux, des attributs de musique, des vases, des trophées, des nœuds de rubans, des draperies, des paysages d’architectures et de ruines qui se détachent en tons clairs sur le fond de placage. Parfois, ces motifs s’inscrivent à l’intérieur d’un médaillon ovale, en particulier sur l’abattant des secrétaires. Plus rares sont les marqueteries à décor géométrique. Enfin, un certain nombre de meubles Louis XVI sont plaqués d’acajou. 

Ohneberg marque une véritable prédilection pour les commodes. Son estampille figure sur de nombreuses commodes Transition à ressaut, ainsi que sur des commodes Louis XVI rectangulaires ou en demi-lune. Des secrétaires Louis XVI, en assez grand nombre, des bureaux plats ou à cylindre, des bonheurs-du-jour complètent sa production.

Bibliographie

“Le Mobilier Français du XVIIIème Siècle”

  Pierre Kjellberg

  Les Éditions de l’Amateur – 2002

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Les Oeben

Jean-François OEBEN  – 1721 – 1763

Jean-François Oeben compte parmi les Ébénistes les plus créatifs et les plus éminents du XVIIIème siècle. Son séjour dans la capitale française coïncide avec un essor de l’industrie de luxe. Une clientèle raffinée recherche les meubles pourvus de mécanismes astucieux et les considère comme des jouets précieux livrant leurs mystères.

Né à Heinsberg près de la frontière des Pays Bas, il arrive à Paris, vers 1742 -1745, probablement sans fortune et débute comme ouvrier libre au quartier Saint-Antoine. Il entre dans l’atelier de Charles Joseph Boulle, le plus jeune fils du grand Boulle.

N’ayant été actif qu’une quinzaine d’années, Jean-François Oeben connait néanmoins une carrière étonnante. Dès 1751, on le trouve dans les Galeries du Louvre et à partir de 1754, il demeure aux Gobelins, puis à l’Arsenal dans des logements mis à la disposition d’artisans hautement qualifiés. Il peut même y ajouter une forge pour la fabrication de ses mécaniques. 

En même temps, il est honoré du titre d’ébéniste du Roi puis de celui d’ébéniste-mécanicien du Roi.

Il compte parmi sa clientèle, le Garde Meuble de la Couronne. Son plus beau titre de gloire est le fameux bureau à cylindre de Louis XV à Versailles. Oeben met en chantier ce meuble monumental dès 1760. Trois ans plus tard, il meurt sans l’avoir achevé, si bien que cette pièce unique dont il a construit le bâti, conçu les mécaniques à secrets, réalisé en plâtre les modèles des bronzes, ne porte pas son estampille mais celle de son successeur, Riesener qui a mené l’ouvrage jusqu’à son terme et l’a livré en 1769 (aujourd’hui au château de Versailles). 

Une énigme demeure en ce qui concerne l’accession à la maîtrise de Jean-François Oeben. Travaillant sur les territoires de la Couronne, il n’est pas obligé de prendre la maîtrise et d’apposer son estampille sur les pièces quittant son atelier.

Oeben utilise toutes les espèces de bois exotiques connues tels que bois de rose, violette, satiné, amarante et toutes sortes de bois fruitier.

Les principaux éléments décoratifs sont les motifs géométriques et les fleurs qui sont sa grande spécialité. Il compose des arrangements, de préférence en bouquets, noués par des rubans ou placés dans des vases et dans des paniers fermés ou ajourés. Ce sont ces fameux paniers d’osier remplis de fleurs qui le rendirent célèbre. 

Bibliographie 

“Les Cahiers du Mobilier

Jean-François Oeben”

Rosemarie Stratmann-Döhler

Les Editions de l’Amateur – 2002

 

“Le Mobilier Français du XVIIIème Siècle”

Pierre Kjellberg

Les Éditions de l’Amateur – 1989

 

 Simon OEBEN – 1722 – Paris, 4 avril 1786 – Reçu Maître le 17 octobre 1722

Simon Oeben, né à Heinsberg en 1722 est le frère du célèbre Jean-François Oeben. Il pratique comme lui, l’ébénisterie et comme lui, épouse en 1756 une des sœurs de Roger Vandercruse (RVLC). Lorsqu’en 1754, Jean-François succède à Charles Joseph Boulle comme ébéniste du Roi, Simon travaille plus tard, après le départ de son frère pour l’Arsenal. Il reçoit à son tour le titre de premier ébéniste du Roi et ouvre un important magasin pour écouler sa production. Bien que bénéficiant d’une riche clientèle où figurent notamment le duc de Choiseul, il laissera à ses héritiers une situation désastreuse que sa veuve ne parviendra pas à redresser. Elle cessera toute activité après un an de vains efforts.

Le 28 janvier 1764 est généralement indiqué comme date d’accession à la maîtrise de Simon Oeben, mais il pourrait s’agir d’une confusion avec Jean-François Oeben, dont la veuve aurait sollicité la maîtrise, à titre posthume, afin de pouvoir continuer à gérer l’atelier. Il reste acquis que les lettres de maîtrises de Simon ont bien été enregistrées au Châtelet en 1769. Précisons qu’en tant qu’ébéniste travaillant pour le Roi, il pouvait estampiller ses œuvres avant même cette formalité. Sans doute ne l’a-t-il fait que rarement car les meubles marqués de son nom restent peu nombreux.

Dominé par le prestige de son aîné, Simon Oeben ne semble pas faire preuve du même esprit inventif. Ses meubles, d’une grande qualité de fabrication s’apparentent, par leurs formes et leur décor, à ceux de Jean-François. Transition ou début Louis XVI, “à la grecque”, ils sont revêtus de placages en feuilles ou marquetés de motifs géométriques, notamment de cubes. En revanche, Simon Oeben n’a pas cherché à imiter les éblouissantes marqueteries de fleurs de son frère.

La commode Transition à double ressaut, en satiné ou en acajou plaqué à fil horizontal, constitue l’un des meubles préférés de l’ébéniste. D’une sobriété extrême, elle ne tire sa séduction que des chaudes tonalités du bois et d’une discrète mouluration. D’une exécution très raffinée, elle comporte généralement des montants en pan coupé à double décrochement. Les bronzes se limitent aux anneaux de tirage. Simon Oeben n’a certes pas eu l’exclusivité de ce modèle, et l’on en connaît des exemplaires estampillés de Jean-François Oeben ou de Roger Vandercruse (RVLC) il est vrai que les trois hommes avaient des liens de parenté forts étroits.

Quelques meubles, sans doute de commande, s’inspirent aussi d’ouvrages exécutés par d’autres ébénistes. C’est ainsi qu’un petit meuble à bijoux sur pieds galbés, vendu à Paris le 15 juin 1979, reproduit le modèle bien connu réalisé à plusieurs exemplaires par BVRB. Enfin, Simon Oeben a produit des meubles d’usage courant (des tables de chevet, des bidets) qui, malgré leur simplicité, sont toujours fabriqués avec le plus grand soin.

Musées

Paris, Arts Décoratifs

Bidet Louis XV en placage de satiné, pour le duc de Penthièvre au Château de Chanteloup.

Londres, Victoria and Albert Museum

Table à écrire Louis XVI en placage de bois de rose marqueté d’entrelacs, pieds gaines à chutes de feuillages en bronze, L 124 cm

Bibliographie

“Le Mobilier Français du XVIIIème Siècle”

Pierre Kjellberg

Les Editions de l’Amateur – 1989

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Charles-François NORMAND 

Maître le 12 juin 1747

Après avoir séjourné rue de Charenton, il s’installe rue de Cléry lors de son accession à la maîtrise. Il y restera sans doute jusque dans les dernières années du règne de Louis XV. Ce menuisier est l’auteur du fauteuil de malade dans lequel mourut Voltaire et que possède aujourd’hui le Musée Carnavalet. Mais son œuvre comporte des sièges Louis XV plus classiques, sculptés ou simplement moulurés.

Les collections royales de Suède possèdent quelques-uns de ces sièges. Mais l’ensemble le plus remarquable et le plus raffiné de Normand se trouvait naguère dans un boudoir du Château de Millemont, près de Nantes. Il s’agit d’un canapé d’alcôve, de deux fauteuils, de deux chaises, d’une console et d’un écran en bois peint, sculpté de fleurs, d’agrafes, de longs rinceaux, de nœuds de rubans, s’accordant intimement à la boiserie de la pièce. Un tel décor, à la fois vigoureux et harmonieux, ne peut être que l’oeuvre d’un seul et unique sculpteur, resté anonyme. Cet ensemble, inscrit à l’inventaire des monuments historiques, a été vendu à l’hôtel Drouot en octobre 1993.

Bibliographie 

“Le Mobilier Français du XVIIIème siècle”

Page 653

Pierre Kjellberg

Les Editions de l’Amateur – 2002

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Pierre NOGARET – 1718 – 1771

Reçu Maître en juin 1745 à Lyon

Pierre Nogaret est le plus connu des Artisans Menuisiers de province.

Né à Paris, où il a effectué son apprentissage, il s’installe à Lyon en 1743 et ouvre son propre atelier, petite rue Saint Romain dans le quartier traditionnel des artisans du meuble. 

Il y produit un grand nombre de sièges, canapés et lits de repos. De style LXV, avec parfois des réminiscences de la Régence, ces sièges, presque toujours en noyer ciré, sont pour la plupart garnis de canne.

Courbes et contre-courbes, accentuées d’agrafes et de rinceaux à crosse, animent principalement les fauteuils en cabriolet. On retrouve ces lignes tourmentées sur des chaises et des fauteuils à la reine.

Les accotoirs en “coup de fouet”, les pieds robustes au galbe accentué, les moulures énergétiques, le décor floral caractérisent ces sièges qui se signalent en outre par une assise large et confortable, plus basse que sur les modèles parisiens.

Bien que sa clientèle ne se soit pas limitée au cadre régional, nombre de ses sièges subsistent encore dans des collections lyonnaises.

Bibliographie

“Le Mobilier Français du XVIIIème Siècle”

Pierre Kjellberg

Les Editions de l’Amateur – 1989

 

“Nogaret et le Siège Lyonnais”

Bernard Deloche

Jean-Yves Mornand

Jacques André Editeur – 2008

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Les Nadal

Famille de menuisiers en sièges se composant du père, Jean Nadal, dont on ignore les dates de réception à la maîtrise et de décès, et de ses deux fils, Jean-René Nadal, dit l’Aîné, maître en 1756, qui cesse son activité au début des années 1780, et Jean-Michel Nadal, maître en 1765, mort en 1800. Comme chaque fois que l’on se trouve en présence d’artisans d’une même famille dont les estampilles ne sont pas nettement définies, des difficultés surgissent quant à l’attribution de leurs œuvres respectives. On est tenté d’attribuer au père les sièges Louis XV et au fils les modèles Transition ou Louis XVI, et on peut seulement admettre avec une quasi-certitude que les sièges plein Louis XVI sont l’œuvre du second.

Jean Nadal

Menuisier en sièges établi rue de Cléry, il épousa la fille de son confrère Jean Cresson, laquelle lui donna six enfants. Deux de ses fils, Jean-René, dit l’Aîné, et Jean-Michel, seront comme lui menuisiers. On ignore la date de sa réception à la maîtrise. Selon certains auteurs, il aurait travaillé jusque dans les dernières années du règne de Louis XV. Toutefois, Charles Packer situe sa mort en 1756, peut-être en se référant à l’accession à la maîtrise, cette même année, de son fils Jean-René. 

La production de Jean Nadal semble s’être limitée à des sièges Louis XV de belle qualité. On peut mentionner en particulier six belles chaises cannées aux galbes alertes, à la sculpture simple mais ferme, vendues à Paris en 1977 et, à nouveau, en 1985. A remarquer le sommet trilobé du dossier que l’on retrouve sur quelques-uns.

Jean-Michel Nadal – 1734 – 22 février 1800

Maître le 6 février 1765

Fils de Jean Nadal, il semble avoir travaillé dans l’atelier familial de la rue de Cléry, d’abord avec son frère aîné, Jean-René, puis seul lorsque ce dernier ouvre son propre atelier. La date de son accession à la maîtrise incite à lui attribuer les sièges fin Louis XV ou Louis XVI portant l’estampille “I. Nadal”. Cette estampille doit, en principe, comporter un N tracé de façon correcte et non pas inversé, comme sur la signature de son père.

Ce menuisier aurait utilisé une autre estampille orthographiée “J. Nadal”. Certains des sièges Transition exécutés par cet artisan sont de qualité remarquable, en particulier le très rare et très important ensemble de quatorze pièces, de forme galbée et de décor néo-classique, vendu à Paris en 1983. Salverte cite également des sièges Louis XVI à dossier ajouré découpé en gerbe.

Jean-René Nadal (l’Ainé) – Né en 1733

Maître le 22 septembre 1756

Fils aîné de Jean Nadal, il reprend l’atelier de la rue de Cléry (sans doute après le décès de son père) puis s’établit dans la même rue, à l’enseigne du “Lion d’argent”. Il met fin à son activité au début des années 1780. Il travaille pour la Couronne ainsi que pour le Comte d’Artois, auquel il fournit des sièges et des lits. On lui doit des ouvrages de grande qualité, tant dans le style Louis XV que Louis XVI. Citons une paire d’opulents fauteuils Louis XV à la reine montés à châssis et, dans le style néo-classique (sa production la plus brillante), un original mobilier de salon composé d’un canapé à accotoirs renversés en crosse et de six fauteuils à dossier raquette.Les montants du canapé et ceux des fauteuils sont surmontés de pommes de pin. L’ensemble, sculpté de piastres, rais-de-cœur, perles, frise de laurier et feuillages est passé en vente au Palais Galliera le 4 mars 1961. 

Toujours Louis XVI, un curieux fauteuil, remarquable par son décor mouluré d’une grande force, présente un dossier à crosse, des supports d’accotoirs incurvés et quatre pieds en sabre. Ce siège, appartenant à une collection privée, ressemble au fauteuil exécuté par Georges Jacob et le sculpteur Rode pour le cabinet turc du Comte d’Artois au palais du Temple. Jacob ayant succédé à Nadal comme fournisseur du Prince, il est permis de supposer que le siège du second nommé a aussi été réalisé pour le Temple et qu’il a pu servir de modèle à Jacob. Pierre Verlet pense d’ailleurs que le célèbre menuisier s’est inspiré à plusieurs reprises des sièges de Jean-René Nadal.

Bibliographie 

“Le Mobilier Français du XVIIIème Siècle”

Pierre Kjellberg

Les Editions de l’Amateur – 2002

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Les Migeon

Famille d’artisans ébénistes de religion protestante dont tous les membres (ils sont cinq, répertoriés durant les XVIIème et XVIIIème siècles) portent le prénom de Pierre. On ignore pratiquement tout de l’activité et, à plus forte raison, de la production des trois premiers.

C’est en effet le quatrième de la lignée qui, à lui seul, retient l’attention des amateurs. Son activité s’inscrit dans la première moitié du XVIIIème siècle, alors que l’usage de l’estampille se généralise. Elle est connu par de nombreux meubles signés qui ne sortent pas tous de son atelier car il était également marchand et vendait des ouvrages réalisés par des confrères. François de Salverte s’est particulièrement penché sur la production de ce dernier sans pour autant ignorer son père et son fils.

Pour les distinguer les uns des autres, il les a désignés sous les noms de Pierre I, Pierre II, Pierre III et Pierre IV.

Pierre IV MIGEON – 1696 – 1758

Reçu Maître vers 1725

La date exacte de son accession à la maîtrise est inconnue quoi qu’il en soit, tous les meubles qui sortent de ses ateliers de la rue de Charenton contribuent très vite à sa notoriété.

Il travaille surtout l’amarante, le palissandre et le bois de violette.

Dès 1740, il reçoit des commandes du Garde-Meuble de la Couronne et des Menus Plaisirs bénéficiant de la protection de la Marquise de Pompadour.

Parmi ses clients, figurent de grands amateurs tant en France qu’à l’étranger.

En ce qui concerne son magasin de vente, le Livre des ouvriers conservé aux Archives de Paris, mentionne des collaborateurs qui devaient travailler plusieurs années pour son compte. L’estampille de ces ébénistes forts réputés ou qui le deviendront, apparaît parfois à côté de celle de Migeon. 

Bibliographie 

“Pierre Migeon”

Les Cahiers du Mobilier

Sophie Mouquin

Les Editions de l’Amateur -2001

 

“Le Mobilier Français du XVIIIème Siècle”

Pierre Kjellberg

Les Editions de l’Amateur – 2002

 

“Les Ateliers Parisiens d’Ebénistes

et de Menuisiers au XVIIème et XVIIIème siècle”

Pages 113 à 116

Guillaume Janneau

Editions SERG – 1975

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