Biographies

POTHIER

Jean-Jacques POTHIER

Maître en 1750

Ce menuisier a travaillé durant une trentaine d’années, d’abord rue Mazarine puis rue de Bourbon-Villeneuve, l’actuelle rue d’Aboukir. Son œuvre, assez varié, se signale par une très belle qualité de fabrication. On note d’abord des sièges Louis XV très sobres, remarquables par la souplesse des lignes et par la fluidité des moulures constituant l’essentiel de leur décor, avec parfois de discrètes sculptures. Toujours de style Louis XV, quelques modèles sont plus abondamment sculptés de cartouches, de coquilles, de grenades, de feuillages, de volutes. On peut mentionner un très curieux canapés à sept pieds de forme incurvée “en haricot” (L 182 cm), en hêtre doré sculpté de bouquets feuillagés et de volutes affrontées, présenté à l’exposition des Grands Ébénistes et Menuisiers, en 1955-1956, au musée des Arts décoratifs (n° 251). Aux différents ornements qui viennent d’être énumérés s’ajoutent parfois certains motifs annonçant la vogue du néo-classicisme, en particulier des nœuds de rubans mais aussi de larges feuillages et d’opulents rinceaux (un canapé et six fauteuils à la reine garnis à châssis) a été vendu à New York en 1981.

Les sièges Louis XVI de Pothier confirment la tendance, déjà affirmée par les premiers ouvrages Transition, vers une ornementation riche et somptueuse, traitée souvent avec une rare maîtrise. De grands fauteuils à la reine aux structures robustes, luxueusement sculptés de canaux, d’entrelacs, de rangs de perles, de rais-de-cœur, de feuilles d’eau, de frises de culots, d’enroulements, bref, de toutes les richesses du répertoire néo-classique, caractérisent la production de cette période. Ils reposent sur des pieds fuselés à cannelures parfois torsadées. Des pieds en console, comme ceux qu’utilisait couramment Georges Jacob, figurent aussi sur certains de ces sièges, notamment sur un canapé et six amples fauteuils vendus en 1978 à Monte-Carlo par Sotheby’s.

Les pieds en console ne sont pas les seules ressemblances que l’on peut déceler entre les œuvres de Pothier et de Jacob. Les deux hommes semblent d’ailleurs avoir collaboré dans l’exécution de quelques commandes, et l’on connaît des sièges semblables portant l’une ou l’autre de leurs estampilles. Au Château de Fontainebleau se trouvent huit fauteuils à la reine montés à châssis, sculptés à la ceinture d’un rang de cannelures verticales et, au dossier, de culots de feuillages. Ils sont signés de Georges Jacob, mais une paire identique, estampillée de Pothier et visiblement de la même suite, appartient à une collection particulière.  

Bibliographie 

“Le Mobilier Français du XVIIIème Siècle”

Pierre Kjellberg

Les Éditions de l’Amateur – 1998