Biographies

OEBEN

Les Oeben

Jean-François OEBEN  – 1721 – 1763

Jean-François Oeben compte parmi les Ébénistes les plus créatifs et les plus éminents du XVIIIème siècle. Son séjour dans la capitale française coïncide avec un essor de l’industrie de luxe. Une clientèle raffinée recherche les meubles pourvus de mécanismes astucieux et les considère comme des jouets précieux livrant leurs mystères.

Né à Heinsberg près de la frontière des Pays Bas, il arrive à Paris, vers 1742 -1745, probablement sans fortune et débute comme ouvrier libre au quartier Saint-Antoine. Il entre dans l’atelier de Charles Joseph Boulle, le plus jeune fils du grand Boulle.

N’ayant été actif qu’une quinzaine d’années, Jean-François Oeben connait néanmoins une carrière étonnante. Dès 1751, on le trouve dans les Galeries du Louvre et à partir de 1754, il demeure aux Gobelins, puis à l’Arsenal dans des logements mis à la disposition d’artisans hautement qualifiés. Il peut même y ajouter une forge pour la fabrication de ses mécaniques. 

En même temps, il est honoré du titre d’ébéniste du Roi puis de celui d’ébéniste-mécanicien du Roi.

Il compte parmi sa clientèle, le Garde Meuble de la Couronne. Son plus beau titre de gloire est le fameux bureau à cylindre de Louis XV à Versailles. Oeben met en chantier ce meuble monumental dès 1760. Trois ans plus tard, il meurt sans l’avoir achevé, si bien que cette pièce unique dont il a construit le bâti, conçu les mécaniques à secrets, réalisé en plâtre les modèles des bronzes, ne porte pas son estampille mais celle de son successeur, Riesener qui a mené l’ouvrage jusqu’à son terme et l’a livré en 1769 (aujourd’hui au château de Versailles). 

Une énigme demeure en ce qui concerne l’accession à la maîtrise de Jean-François Oeben. Travaillant sur les territoires de la Couronne, il n’est pas obligé de prendre la maîtrise et d’apposer son estampille sur les pièces quittant son atelier.

Oeben utilise toutes les espèces de bois exotiques connues tels que bois de rose, violette, satiné, amarante et toutes sortes de bois fruitier.

Les principaux éléments décoratifs sont les motifs géométriques et les fleurs qui sont sa grande spécialité. Il compose des arrangements, de préférence en bouquets, noués par des rubans ou placés dans des vases et dans des paniers fermés ou ajourés. Ce sont ces fameux paniers d’osier remplis de fleurs qui le rendirent célèbre. 

Bibliographie 

“Les Cahiers du Mobilier

Jean-François Oeben”

Rosemarie Stratmann-Döhler

Les Editions de l’Amateur – 2002

 

“Le Mobilier Français du XVIIIème Siècle”

Pierre Kjellberg

Les Éditions de l’Amateur – 1989

 

 Simon OEBEN – 1722 – Paris, 4 avril 1786 – Reçu Maître le 17 octobre 1722

Simon Oeben, né à Heinsberg en 1722 est le frère du célèbre Jean-François Oeben. Il pratique comme lui, l’ébénisterie et comme lui, épouse en 1756 une des sœurs de Roger Vandercruse (RVLC). Lorsqu’en 1754, Jean-François succède à Charles Joseph Boulle comme ébéniste du Roi, Simon travaille plus tard, après le départ de son frère pour l’Arsenal. Il reçoit à son tour le titre de premier ébéniste du Roi et ouvre un important magasin pour écouler sa production. Bien que bénéficiant d’une riche clientèle où figurent notamment le duc de Choiseul, il laissera à ses héritiers une situation désastreuse que sa veuve ne parviendra pas à redresser. Elle cessera toute activité après un an de vains efforts.

Le 28 janvier 1764 est généralement indiqué comme date d’accession à la maîtrise de Simon Oeben, mais il pourrait s’agir d’une confusion avec Jean-François Oeben, dont la veuve aurait sollicité la maîtrise, à titre posthume, afin de pouvoir continuer à gérer l’atelier. Il reste acquis que les lettres de maîtrises de Simon ont bien été enregistrées au Châtelet en 1769. Précisons qu’en tant qu’ébéniste travaillant pour le Roi, il pouvait estampiller ses œuvres avant même cette formalité. Sans doute ne l’a-t-il fait que rarement car les meubles marqués de son nom restent peu nombreux.

Dominé par le prestige de son aîné, Simon Oeben ne semble pas faire preuve du même esprit inventif. Ses meubles, d’une grande qualité de fabrication s’apparentent, par leurs formes et leur décor, à ceux de Jean-François. Transition ou début Louis XVI, “à la grecque”, ils sont revêtus de placages en feuilles ou marquetés de motifs géométriques, notamment de cubes. En revanche, Simon Oeben n’a pas cherché à imiter les éblouissantes marqueteries de fleurs de son frère.

La commode Transition à double ressaut, en satiné ou en acajou plaqué à fil horizontal, constitue l’un des meubles préférés de l’ébéniste. D’une sobriété extrême, elle ne tire sa séduction que des chaudes tonalités du bois et d’une discrète mouluration. D’une exécution très raffinée, elle comporte généralement des montants en pan coupé à double décrochement. Les bronzes se limitent aux anneaux de tirage. Simon Oeben n’a certes pas eu l’exclusivité de ce modèle, et l’on en connaît des exemplaires estampillés de Jean-François Oeben ou de Roger Vandercruse (RVLC) il est vrai que les trois hommes avaient des liens de parenté forts étroits.

Quelques meubles, sans doute de commande, s’inspirent aussi d’ouvrages exécutés par d’autres ébénistes. C’est ainsi qu’un petit meuble à bijoux sur pieds galbés, vendu à Paris le 15 juin 1979, reproduit le modèle bien connu réalisé à plusieurs exemplaires par BVRB. Enfin, Simon Oeben a produit des meubles d’usage courant (des tables de chevet, des bidets) qui, malgré leur simplicité, sont toujours fabriqués avec le plus grand soin.

Musées

Paris, Arts Décoratifs

Bidet Louis XV en placage de satiné, pour le duc de Penthièvre au Château de Chanteloup.

Londres, Victoria and Albert Museum

Table à écrire Louis XVI en placage de bois de rose marqueté d’entrelacs, pieds gaines à chutes de feuillages en bronze, L 124 cm

Bibliographie

“Le Mobilier Français du XVIIIème Siècle”

Pierre Kjellberg

Les Editions de l’Amateur – 1989

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